Beaucoup d’entre vous s’interrogent sur le nouveau mode de calcul des retraites agricoles. Vous trouverez ici une synthèse des réponses à vos questions les plus fréquentes.
Pour rappel, depuis le 1er janvier 2026, le calcul de la retraite de base des exploitants agricoles, des conjoints collaborateurs et des aides familiaux est désormais calculé en fonction des 25 meilleures années de la carrière, selon la même logique que la retraite des salariés du régime général et des indépendants.
1) Que change la nouvelle réforme ?
Jusqu’à présent, la retraite de base était composée d’une partie proportionnelle, qui dépendait des revenus obtenus au long de la carrière, et d’une partie forfaitaire, qui était un montant attribué au prorata des années d’activités d’une carrière.
Ce système était imparfait puisqu’il ne tenait pas compte des variations de revenu d’une année à l’autre ce qui nivelait les pensions vers le bas. La nouvelle réforme adapte le calcul pour qu’il ne repose que sur les 25 années les plus avantageuses en termes de revenu.
A noter : la réforme ne modifie pas le calcul de la Retraite Complémentaire Obligatoire (RCO).
2) De combien les retraites seront-elles revalorisées ?
D’après nos estimations, les retraites devraient augmentées de 200 € à 480 € par mois.
Nous vous conseillons d’utiliser le simulateur du site Info-retraite pour avoir une estimation de votre pension et consulter votre relevé de carrière.
Il est également possible d’utiliser le simulateur de la MSA et de réaliser un entretien d’information à avec l’un de leurs agents pour faire le point sur votre situation (entretien gratuit).
3) Suis-je concerné par la réforme ?
Sont concernés ceux qui ont exercé une activité de non-salarié agricole au cours de leur carrière (chef d’exploitation, conjoint participant ou collaborateur, aide familial), et qui ont liquidé leur pension de retraite après le 1er janvier 2026. Ainsi, ceux qui ont pris leurs retraites plus tôt ne sont donc pas concernés.
4) Je partirai à la retraite après le 1er janvier 2026, quelles démarches dois-je entreprendre ?
Aucune démarche n’est nécessaire pour bénéficier du nouveau calcul car celui-ci s’appliquera automatiquement à tous les départs pris après le 1er janvier 2026.
Vous pouvez déposer votre dossier jusqu’à 5 mois avant la date de départ souhaitée en format papier ou en ligne sur votre espace MSA ou sur Info-retraite.
Pour information, si vous déposez votre demande complète (avec tous les justificatifs) au moins 4 mois avant votre date de départ, la MSA vous versera votre première pension le mois suivant votre départ.
5) Comment les 25 meilleures années sont-elles sélectionnées ?
Le calcul dépend de votre parcours professionnel, il existe deux cas de figure :
- Si vous avez fait toute votre carrière en tant que non-salarié agricole on retiendra automatiquement les 25 meilleures années :
- Avant 2016 : on sélectionne les meilleures années de points au prorata de la durée de la période sur la carrière complète ;
- À partir de 2016 : on sélectionne les meilleures années de revenus au prorata de la durée de la période sur la carrière complète.
- Si vous avez travaillé comme salarié (régime général ou agricole) ou comme indépendant non agricole le calcul prendra en compte les meilleures années tous régimes confondus, dans la limite de 25 années au total.
Pour information, les meilleures années sont retenues sur la base des points avant 2016 et sur la base des revenus après 2016 car la MSA conservait uniquement les données sur le nombre de points acquis.
A noter : si vous avez travaillé en tant que salarié et non-salarié agricole la réforme le prendra en compte en proratisant vos droits.
6) La réforme modifie-t-elle les règles d’attribution des majorations de la retraite ?
Les majorations existantes restent en vigueur et notamment :
- Majoration et bonification pour enfants ;
- Majoration de la retraite de base pour les chefs d’exploitations, les conjoints et les aides familiaux à carrière complète (PMR) ;
- 85 % du Smic accordés aux chefs d’exploitation à carrière complète ou complément différentiel de retraite complémentaire (CD de RCO).
7) Que se passe-t-il si j’ai une carrière non-salarié agricole courte ou incomplète ?
Si vous n’avez pas cotisé tous régimes confondus suffisamment longtemps pour atteindre la durée d’assurance requise, votre retraite ne sera pas calculée au taux plein. Un coefficient de minoration sera appliqué et déduit le montant de votre pension.
8) qu’est-ce que la « clause de sauvegarde » ?
Concrètement, les pensions de ceux partis à la retraite entre le 1er janvier 2026 et le 1er décembre 2027 seront calculées avec des règles provisoires puis, en 2028, recalculées automatiquement avec les règles définitives.
Si le recalcul est plus avantageux, votre retraite sera augmentée et vous recevrez un rappel correspondant aux droits auxquels vous auriez pu prétendre depuis votre départ à la retraite. A l’inverse, si le recalcul est défavorable vous n’aurez rien à rembourser, c’est cette garantie que l’on appelle clause de sauvegarde.
Toutefois, si vous bénéficiez des minimas de pension (PMR, 85 % du Smic), ceux-ci seront recalculés, voire écrêtés en fonction de ce nouveau montant plus favorable et votre pension globale pourrait rester identique à celle liquidée en 2026.
9) Je perçois déjà ma retraite, ou ai déposé une demande indiquant une date de départ antérieure au 1er janvier 2026. Puis-je l’annuler ?
Oui, mais seulement dans certaines conditions strictes.
Vous pouvez demander l’annulation de votre retraite dans les 2 mois suivant la réception de la notification officielle. Les démarches à suivre sont indiquées dans le courrier de notification que vous avez reçu.
Cette demande d’annulation vous permet de préserver vos droits pour une future demande. Attention : elle est rétroactive, vous devrez donc rembourser les sommes déjà versées au titre de la retraite annulée.
Au-delà du délai de deux mois suivant la notification de votre pension, aucune annulation n’est possible.
10) En tant qu’actif mes cotisations augmenteront-elles à cause de la réforme ?
À partir de 2026, les cotisations de retraite de base (AVI pour la retraite forfaitaire et AVA plafonnée et déplafonnée pour la retraite proportionnelle) disparaissent au profit d’une cotisation unique alignée sur celle des autres travailleurs indépendants : même taux et mêmes règles de calcul.
Pour les chefs d’exploitation à titre principal, cette évolution se traduira par une augmentation du taux de cotisation de 0,64 point mais sera compensée dans la moitié des cas par une baisse de la base de cotisations de 800 Smic à 600 Smic. Pour les autres non-salariés agricoles (chefs à titre secondaire, conjoints, aides familiaux), la hausse sera supérieure mais étalée entre 2026-2029 et s’accompagnera d’une amélioration des droits.

