Par un arrêt du 28 mai 2026, la Cour de cassation rappelle qu’un harcèlement sexuel peut exister même lorsqu’un salarié n’est pas directement visé par les propos ou comportements en cause.
En l’espèce, une salariée est licenciée pour faute grave. Elle saisit le Conseil de prud’hommes pour nullité de son licenciement, en dénonçant des faits de harcèlement sexuel constitué par un climat de travail marqué par des propos et comportements sexistes ou à connotation sexuelle au sein de l’entreprise.
Les juges du fond avaient rejeté sa demande considérant qu’elle n’apportait pas suffisamment de preuves d’un harcèlement sexuel dirigé à son égard. En effet, les témoignages produits faisaient état de propos sexistes ou à connotation sexuelle visant ses collègues, auxquels elle avait assisté, mais qui ne lui étaient pas adressés directement.
Toutefois, la Cour de cassation accueille la demande de la salariée : des propos à connotation sexuelle ou sexiste adressés à plusieurs salariés, ou de tels comportements adoptés devant plusieurs salariés, sont susceptibles d’être subis par chacun d’entre eux. Autrement dit, un « harcèlement d’ambiance » peut être reconnu lorsque des agissements répétés créent un environnement de travail humiliant, dégradant ou hostile, même sans cible précise.

